

Issu d'un milieu modeste (son père est tôlier-formeur), Gérard Depardieu grandit au milieu de cinq frères et soeurs. L'adolescent au gabarit imposant connaît une adolescence difficile, au cours de laquelle il s'adonne à des vols et trafics en tous genres. A l'occasion d'un voyage à Paris, il se découvre une passion pour le théatre, et suit les cours de comédie de Jean-Laurent Cochet - il y rencontre son épouse Elisabeth . En 1971, il fait ses premiers pas au cinéma dans Le Cri du cormoran le soir au-dessus des jonques de Michel Audiard.
Gérard Depardieu est révélé en 1974 par son rôle de gentil voyou en cavale dans Les Valseuses, fable libertaire de Bertrand Blier avec Patrick Dewaere et Miou-Miou. Tournant avec de grands réalisateurs italiens (la fresque 1900 de Bertolucci en 1976, La Dernière Femme du provocateur Ferreri), Depardieu passe avec aisance de l'univers de Marguerite Duras (Le Camion en 1977) à celui de Claude Zidi (Inspecteur la Bavure en 1980).
Tout en poursuivant sa collaboration avec Blier, du grinçant Tenue de soirée à l'émouvant Trop belle pour toi en 1989, Gérard Depardieu devient le compagnon de route de plusieurs grands noms du cinéma d'auteur français : alter ego de Pialat, qui le fait tourner dans quatre de ses films, il obtient le Prix d'interprétation à Venise pour Police en 1985, et campe un abbé rongé par le doute dans Sous le soleil de Satan. L'acteur est l'un des trois cobayes de l'expérimentateur Resnais dans Mon oncle d'Amérique et trouve à la même époque des rôles d'amoureux passionné chez Truffaut, dans Le Dernier Métro qui lui vaut un César en 1981 puis La Femme d'à côté. Il s'illustre parallèlement dans la comédie en formant un tandem gagnant avec Pierre Richard dans les buddy movie à la française de Francis Veber (La Chèvre en 1981, Les Fugitifs en 1986).
Après le succès du Retour de Martin Guerre en 1982, Gérard Depardieu incarnera plusieurs personnages historiques ou issus de classiques de la littérature française : Jean de Florette pour Berri, Rodin dans Camille Claudel, il accomplit une de ses compositions les plus mémorables dans Cyrano de Bergerac (1990) de Rappeneau - il décroche pour ce rôle un César, un prix à Cannes et une nomination aux Oscars. S'autorisant quelques escapades américaines (Christophe Colomb de Ridley Scott) et s'offrant le luxe de tourner avec Godard (Hélas pour moi), il multiplie alors les succès dans la comédie (Astérix et Obélix contre César, Le Placard de Veber en 2001), et sa prestation de flic fatigué dans 36 quai des orfèvres (2004) est saluée par la critique. Héros de téléfilms de prestige qui assoient sa popularité, Depardieu n'en demeure pas moins une figure centrale du cinéma français, comme en témoignent encore ses retrouvailles avec les stars Adjani (Bon voyage en 2003) et Deneuve (Les Temps qui changent en 2004).
Patrick Dewaere, fils de l'actrice Mado Maurin découvre la comédie dès son enfance. Acteur précoce, il est alors âgé de quatre ans lorsqu'il fait sa première apparition au cinéma dans Monsieur Fabre d' Henri Diamant-Berger en 1951. Préférant les planches de théâtre aux bancs de l'école, il intègre ensuite la compagnie de Jacques Fabbri en 1956. Sa carrière est alors ponctuée de petits rôles au cinéma (La Madelon 1955, Je reviendrai à Kandara 1956, Paris brûle-t-il ? 1965) et de quelques apparitions télévisées (Les Hauts de Hurlevent, Jean de la tour des miracles).
1968 est un tournant décisif, au hasard des rencontres, il rejoint Coluche, Miou-Miou, Romain Bouteille ... au Café de la Gare. Trois ans plus tard, Jean-Paul Rappeneau lui offre le rôle d'un soldat de la République dans Les Mariés de l'an II. Mais c'est en 1974 que Patrick Dewaere trouve sa reconnaissance auprès du grand public avec Les Valseuses de Bertrand Blier, film novateur et marginal où il incarne aux cotés de Gérard Depardieu et de Miou-Miou, un zonard rebelle et sensible. Un triomphe qui débouche sur une amitié durable. Patrick Dewaere et Miou-Miou vivent alors une relation pendant deux ans et donne naissance à une petite fille Angèle.
Toujours là où on ne l'attend pas, Patrick Dewaere choisit malgré sa notoriété grandissante des films à petit budget où il incarne des rôles complexes. Moniteur de camp de vacances brutal dans La Meilleure façon de marcher en 1975, magistrat conventionnel qui s'improvise détective dans Le Juge Fayard dit le shérif en 1977, Patrick Dewaere avec son air de jeune premier écorché vif séduit. F. comme Fairbanks lui donne l'occasion de retrouver son acolyte Miou-Miou dans un film poétique. Au cours de cette nouvelle collaboration avec Maurice Dugowson (Lily aime-moi), Patrick Dewaere se consacre à sa deuxième passion, la musique puisqu'il compose la bande originale du film à la demande du réalisateur.
Retour aux sources en 1978 où il tourne avec Gérard Depardieu Préparez vos mouchoirs de Bertrand Blier et La clé sous la porte d'Yves Boisset. Cependant avide de nouvelles expériences, Patrick Dewaere n'hésite pas à donner sa chance à de jeunes réalisateurs. Série noire d' Alain Corneau, adaptation du roman de Jim Thompson le fait plonger dans un univers glauque et violent. Il collabore également avec Jean-Jacques Annaud dans Coup de tête. Il songe également à une carrière musicale et sort un 45 tours en 1978, sans succès. En 1981, il retrouve l'équipe du Café de la Gare pour une apparition dans Les Matous sont romantiques, réalisé par Sotha. Après le subversif Beau-Père de Bertrand Blier, son interprétation de Jean Kerjean, un journaliste qui s'attaque au monde de la politique dans Mille milliards de dollars d'Henri Verneuil , lui vaut un succès. L'année suivante, c'est un rôle de suicidaire que lui propose Alain Jessua dans Paradis pour tous. Ironie du sort ? Alors qu'il s'exerce pour l'interprétation de Marcel Cerdan dans le prochain film de Claude Lelouch , il se suicide.
Au lendemain de Mai 68, la jeune Sylvette Herry, apprentie tapissière, intègre la bande du Café de la Gare, qui prône un théâtre spontané, dégagé des contraintes commerciales. Parmi les membres de la troupe figure Coluche, son fiancé d'alors, qui la baptise Miou-Miou, un surnom adopté par la comédienne qui fait ses débuts sur grand écran en 1971 dans La Cavale de Michel Mitrani.
Vive et délurée, Miou-Miou tourne dans plusieurs films imprégnés de l'esprit contestataire de l'époque (La Marche triomphale de Bellocchio, Themroc de Faraldo, Jonas qui aura 20 ans en l'an 2000 de Tanner), mais c'est le trio libéré et frondeur qu'elle forme avec son compagnon Patrick Dewaere et Gérard Depardieu en 1974 dans Les Valseuses de Bertrand Blier, qui fait d'elle une vedette et marque durablement les spectateurs.
Dès lors, l'actrice enchaîne les succès, incarnant les différents visages de la femme moderne. Femme flic chez Boisset, artiste affranchie dans Coup de foudre de Kurys, Miou-Miou décroche en 1980 un César de la Meilleure actrice pour sa composition de prostituée dans La Dérobade - une récompense que la comédienne, dix fois nommée au cours de sa carrière, ne viendra pas chercher. A la même période, Miou-Miou, qui jouit d'une forte popularité auprès du grand public, tourne avec des cinéastes aussi différents que Claude Miller, Losey, et Comencini.
Dans les années 80, elle est à l'affiche de nombreuses comédies : La Totale de Zidi, Un indien dans la ville ou, sur un mode plus grinçant, Tenue de soirée, qui marque ses retrouvailles avec Blier. Deux de ses prestations les plus marquantes, la bourgeoise de Milou en mai de Malle, et la sensuelle Lectrice de Deville, témoignent cependant de l'étendue de son répertoire. Attachée à ses origines ouvrières, Miou-Miou prend part en 1993 au Germinal de Berri. Elle effectue un retour très remarqué à l'écran en 1997 dans Nettoyage à sec d'Anne Fontaine, puis continue, plus discrètement, d'alterner drames (Tout va bien, on s'en va) et comédies (Mariages !).